Gabrielle Borile

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Gabrielle Borile

De la bande dessinée au cinéma, de la télévision au roman : une vie consacrée à l’écriture et aux histoires.

Née à Charleroi, dans une famille issue de l’immigration italienne, Gabrielle Borile suit des études de droit puis de journalisme à l’Université libre de Bruxelles.

Après avoir travaillé dans la presse et l’édition, elle se tourne vers l’écriture de scénarios et développe au fil des années un parcours particulièrement riche, naviguant entre bande dessinée, cinéma et télévision.

✍️ Une longue histoire avec l’écriture

Dans le monde de la bande dessinée, Gabrielle Borile participe notamment à l’écriture de la série Victor Sackville, aux côtés de François Rivière et du dessinateur Francis Carin.

Cette série d’espionnage historique entraîne ses lecteurs dans l’Europe du début du XXe siècle et de la Première Guerre mondiale, à travers les missions de l’agent britannique Victor Sackville.

Son travail d’écriture se poursuit également pour le cinéma et la télévision, où elle signe ou cosigne différents scénarios, adaptations et téléfilms.

Cette expérience l’amène aussi à transmettre son savoir-faire autour de l’écriture scénaristique, notamment dans l’enseignement.

Après avoir raconté des histoires à travers les images, les dialogues, les cases de bande dessinée et les écrans, Gabrielle Borile franchit en 2026 une nouvelle étape de son parcours avec la publication de son premier roman.

📖 La Fille de Nino

Publié en 2026 aux Éditions Weyrich, dans la collection Plumes du coqLa Fille de Nino nous ramène vers les racines italiennes et ouvrières de l’autrice.

Angela revient au chevet de son père, Nino, ancien mineur devenu métallurgiste. Ce retour fait ressurgir une histoire familiale profondément liée à l’immigration italienne et au bassin industriel de Charleroi.

À travers cette relation entre un père et sa fille se dessinent progressivement les questions de mémoire, de transmission, d’identité, de déracinement, de condition sociale et d’émancipation.

Le parcours individuel rejoint ainsi une histoire plus collective : celle de familles venues d’Italie construire une nouvelle vie en Belgique et participer à l’histoire industrielle de toute une région.

🎬 Une autrice aux multiples facettes

Avec La Fille de Nino, Gabrielle Borile ajoute donc le roman à un parcours d’écriture déjà particulièrement diversifié :

Journalisme • Bande dessinée • Scénario • Cinéma • Télévision • Roman

Des formes différentes, mais toujours cette même matière première : les personnages et les histoires à raconter.

La Fille de Nino

La neige tourbillonne et les essuie-glaces peinent à balayer le pare-brise. Angela ralentit sans freiner, la chaussée de Waterloo qui mène de Bruxelles à Charleroi est glissante. Autour d’elle, des voitures filent, indifférentes au danger. Elle essaie de ne pas penser, de ne pas pleurer, d’oublier que dans la chambre de l’hôpital, là-bas à Charleroi, son père est entre la vie et la mort. Au téléphone, sa tante a répété qu’elle appelait depuis six heures du matin. Angela n’a-t-elle pas entendu la sonnerie ? Incapable de lui expliquer qu’elle travaille le matin comme nettoyeuse, elle s’est contentée de répondre qu’elle n’était pas chez elle. Sa tante répétait avec son accent carolo : Il faut que tu viennes, il faut que tu viennes. Ne pas penser, ne pas pleurer. Rouler. Conduire.
Elle tourne le bouton de la radio. C’est encore l’invasion de l’Afghanistan à la une ! Angela écoute sans entendre et laisse son regard errer sur les champs couverts de neige. Sur sa droite, au loin, la silhouette du Lion de Waterloo se dessine à l’horizon.
Depuis combien d’années, son père travaille-t-il à l’usine ? Elle n’en sait rien. Elle ne sait rien de son père. Elle l’a abandonné pour monter à la capitale.
Elle n’a pas pensé à l’interroger. Elle n’a pensé qu’à elle. A ses rêves de grandiosité. Elle sait juste que Nino a quitté l’Italie après la guerre et qu’il a passé cinq ans dans une mine près de Monceau, à arracher le charbon au fond des galeries, dans le tumulte des marteaux-piqueurs et la peur que tout s’effondre. Il y a quelques mois, elle a vu par hasard un reportage sur le drame du Bois du Casier à Marcinelle. Elle s’est dit qu’elle interrogerait son père, et puis elle a oublié.

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