
Né à Liège en 1959, André-Pierre Diriken est un écrivain liégeois qui a longtemps mené l’écriture parallèlement à son métier de chirurgien-dentiste. Aujourd’hui retraité, il se consacre aux voyages et à l’écriture et se définit volontiers comme un « auteur nomade ».
Son univers littéraire se distingue par un mélange de polar et d’humour, porté par un héros pour le moins inhabituel : Cawèlêr, un chat policier qui accompagne ses lecteurs d’enquête en enquête.
Son premier roman, La Pendue d’Outremeuse, paraît en 1999. Il poursuit ensuite les aventures de Cawèlêr avec plusieurs romans, dont L’Oreille Coupée, récompensé en 2010 par le Prix Sélection Histoires de Romans Humour à Paris.
En mai 2026, André-Pierre Diriken revient avec Les Mémoires de Cawèlêr, nouvelle aventure de son célèbre chat policier. Son site officiel répertorie actuellement six ouvrages.

UNE CONVERSATION
OU L’ON APPREND PLEIN DE CHOSES
Un petit chat ?
— Oui, un petit chat mais un petit chat télépathe. C’est étonnant non ?Malheureusement, je suis le seul à l’entendre. Mais surtout, il est doté de pouvoirs paranormaux: il sait hypnotiser les gens, il a des visions… C’est vraiment inhabituel ! Vous aurez du mal à le croire mais il a horreur de la nourriture spécialisée. Il mange comme vous et moi: de la choucroute, de la salade liégeoise, des harengs au vinaigre et que sais-je encore. Malheureusement, il lui reste quelques sales habitudes de matou dont il n’arrive pas à se débarrasser: il fait ses griffes sur tout, il drague les petites chattes et attrape des souris…
— Son nom ?
— Cawèlêr. C’est la contraction des mots wallons “cawe è l’êr”.
Cela signifie “queue en l’air”. C’est son attitude favorite. Il est à l’aise partout !
— Et d’où vient-il ce petit chat ?
— C’est une trop longue histoire pour vous la raconter ici…
— Et vous alors, qui êtes-vous ?
— François Boudrikêt. Je suis commissaire de police à Liège.
— Et que diable faites-vous affublé d’un chat ?
— Je mène des enquêtes…
— Traître !
— Pardon, Cawèlêr. Nous menons des enquêtes.

… A bout de force, Cawèlêr me dardait de ses yeux mi-clos. L’eau de mes cheveux trempés ruisselait le long de mes sourcils jusqu’à la pointe de mon appendice nasal passablement éraflé, suite à ce stupide plongeon dans la gravière.
Instinctivement, je voulus prendre un mouchoir pour m’essuyer. Je ne retirai de la poche de mon short qu’un carré de tissu gorgé d’eau et un bout d’oreille.
Non, Pas une boucle d’oreille. Tu as bien lu ! Un bout d’oreille…
Le commissaire François Boudrikêt et Cawèlêr, le marcou* télépathe, sont de retour dans un polar désopilant où les feuilles de chou se ramassent à la pelle. De liège à Londres, nos fins limiers tenteront cette fois-ci de démasquer un serial killer particulièrement rusé. Avec le souci du détail qui tue et son goût pour les souris peu farouches, André-Pierre Diriken nous emmène de nouveau, pour notre plus grand plaisir, dans son univers loufoque et attachant.
* (chat mâle)

François Boudrikêt et son chat, l’inénarrable Cawèlêr, mènent l’enquête à Liège, à Bruxelles et à Paris.

Roman policier humoristique dont le protagoniste principal est un chat de gouttière qui communique avec son maître par télépathie.

François Boudrikêt et son ineffable compagnon télépathe, le matou Cawèlêr, se lancent à corps perdu dans une enquête qui pourrait bien leur faire perdre la tête. De Liège à LLoret de Mar, du Mont-St-Michel à Tignes, en passant par la Lorraine avec leurs gros sabots… À pied, à cheval, en voiture et même à ski, l’auteur va nous faire traverser une avalanche de situations des plus rocambolesques et des plus cocasses mais, même à proximité de la folie douce, le sérieux finit toujours par nous rattraper.

Nous montâmes dans le train, jusqu’à Bruxelles, puis rebelote jusqu’à Calatrava Station. Prendre le train devenait notre train-train quotidien. Rien de folichon à te narrer, rien qui puisse te faire marrer. Un stupide et chiant voyage en train, comme plein d’âmes se le coltinent. Parce que la tuture, c’est has-been, surtout quand c’est pas
une née lectrique.
J’avais donné rendez-vous à Pierre, mon pote amateur de high-tech, d’imprimante 3D, de trains miniatures, de vieux amplificateurs, de tourne-disques, de bagnoles, de caméras et d’escarpins rouges, pour s’en tenir au strict essentiel et ne pas remplir deux pages à la Prévert. Je comptais vraiment sur ses compétences pour m’affranchir du parcours du combattant admi- nistratif que j’ai évoqué tout à l’heure. (Si tu ne t’en souviens pas, c’est que t’as encore sauté des pages ou que tu dois surveiller ton taux de vitamine D.) Nous avions convenu d’aller casser la graine, pour discuter du bon vieux temps et j’allais en profiter pour lui filer en douce cette fameuse carte mémoire dont j’avais évité de mentionner l’exis- tence par téléphone car, comme tu le sais, nous sommes tous sur écoute. C’est ça le progrès… Nous nous baladons tous et toutes avec un sale mouchard borné (à double sens) souvent proche de
notre intimité. Des mémoires qui tournent casaques. Une enquête qui t’en- voie à la JRL de Manchester. Des scènes torrides qui vont te laisser baba à Rome. Des morts et des mortes… Cawèlêr, le chat policier et son commissaire de maître plus en forme que jamais sont de retour à Liège pour contrer sans contrepèterie
aucune le complot de la Chartreuse de charme.
